Cette tristesse evangelique qui en est l’ame ne s’y remarque plus : celle-ci est suppleee via nos avantages de la mine, avec des inflexions en voix, par la regularite du geste, par La selection des mots, et via les longues enumerations.

  • 4 August 2022
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Cette tristesse evangelique qui en est l’ame ne s’y remarque plus : celle-ci est suppleee via nos avantages de la mine, avec des inflexions en voix, par la regularite du geste, par La selection des mots, et via les longues enumerations.

On n’ecoute plus serieusement la parole sainte : c’est une manii?re d’amusement entre mille autres ; c’est votre jeu ou il y a de l’emulation et des parieurs.

(IV) L’eloquence profane est transposee pour ainsi dire du barreau, ou Le Maitre, Pucelle et Fourcroy l’ont fera regner, et ou celle-ci n’est plus d’usage, a Notre chaire, ou elle ne doit jamais etre. (I) L’on fait assaut d’eloquence jusqu’au pied de l’autel et en la presence des mysteres. Celui qui ecoute s’etablit juge de celui qui preche, Afin de condamner ou concernant applaudir, ainsi, n’est gui?re plus converti par le discours qu’il favorise que via celui auquel c’est contraire. L’orateur plait a toutes les uns, deplait a toutes les autres, et convient avec tous en une chose, que, comme il ne cherche point a les rendre meilleurs, ils ne se disent pas aussi a le i?tre.

(IV) Un apprentif reste docile, il ecoute le maitre, il profite de l’ensemble de ses lecons, ainsi, il devient maitre. L’homme indocile critique le discours du predicateur, tel le livre du philosophe, et il ne devient ni chretien ni raisonnable.

Jusqu’a ce qu’il revienne un homme qui, avec un ton nourri des saintes Ecritures, explique au peuple la parole divine uniment et familierement, les orateurs et les declamateurs vont i?tre suivis.

4 (I) Mes citations profanes, des froides allusions, le mauvais pathetique, les antitheses, nos figures outrees ont fini : nos portraits finiront, et feront place a une simple explication de l’Evangile, jointe a toutes les mouvements qui inspirent la conversion.

Cet homme que je souhaitais impatiemment, ainsi, que je ne daignais nullement esperer de notre siecle, reste enfin venu.

Mes courtisans, a force de gout et de connaitre les bienseances, lui ont applaudi ; ils ont, chose incroyable ! abandonne la chapelle du Roi, Afin de venir entendre avec le peuple la parole de Dieu annoncee via votre homme apostolique. La ville n’a gui?re ete de l’avis d’une cour : ou il a preche, les paroissiens ont deserte, jusqu’aux marguilliers ont disparu ; les pasteurs ont tenu ferme, mais les ouailles se sont dispersees, et les orateurs coloc’ en ont grossi leur auditoire. Je devais le prevoir, ainsi, ne point penser qu’un tel homme n’avait qu’a se montrer Afin de etre suivi, ainsi, qu’a parler Afin de etre ecoute : ne savais-je pas quelle reste au sein des hommes, et en toutes trucs, la force indomptable de l’habitude ? Depuis trente annees on prete l’oreille aux rheteurs, aux declamateurs, aux enumerateurs ; on court ceux qui peignent en grand ou en miniature. Il n’y a jamais longtemps qu’ils avaient des chutes ou des transitions ingenieuses, quelquefois aussi si vives et si aigues qu’elles pouvaient passer pour epigrammes : ils nos ont adoucies, je l’avoue, ainsi, ce ne sont plus que des madrigaux. Ils ont i  chaque fois, d’une necessite indispensable et geometrique, trois sujets admirables de toutes vos attentions : ils prouveront une telle chose dans la premiere partie de leur discours, votre nouvelle dans la seconde partie, et cette autre encore dans la troisieme. Ainsi vous serez convaincu d’abord d’une certaine verite, et c’est leur premier point ; d’une autre verite, et c’est leur second point ; d’ailleurs d’une troisieme verite, et c’est leur troisieme point : de sorte que la toute premiere reflexion vous instruira d’un principe des https://datingmentor.org/fr/chatib-review plus fondamentaux de votre religion ; la seconde, d’un autre principe qui ne l’est jamais moins ; et la derniere reflexion, d’un troisieme et dernier principe, le plus important de tous, qui est remis pourtant, faute de loisir, a une autre fois. Enfin, Afin de reprendre et abreger cette division et former votre plan… — Encore, dites-vous, ainsi, quelles preparations Afin de un discours de trois quarts d’heure qui leur est a Realiser ! Plus ils cherchent a le digerer et a l’eclaircir, plus ils m’embrouillent. — Je vous crois sans difficulte, et c’est l’effet le plus naturel de tout cet amas d’idees qui reviennent a J’ai meme, dont ils chargent sans pitie la memoire de leurs auditeurs. Cela semble, a les voir s’opiniatrer a cet usage, que Notre grace d’une conversion soit attachee a ces enormes partitions. Comment neanmoins serait-on converti par de tels apotres, si l’on ne va qu’a peine les entendre articuler, les suivre et ne les jamais perdre de vue ? Je leur demanderais volontiers qu’au milieu de leur course impetueuse, ils voulussent quelques fois reprendre haleine, souffler un tantinet, ainsi, laisser souffler leurs auditeurs. Vains discours, paroles perdues ! Le temps des homelies n’est plus ; les Basiles, les Chrysostomes ne le rameneraient gui?re ; on passerait en d’autres dioceses Afin de etre hors une portee de leur voix et de leurs familieres instructions. Le commun des hommes aime des phrases et les periodes, admire votre qu’il n’entend gui?re, se suppose instruit, content de choisir entre un premier et un second point, ou entre le dernier sermon et le penultieme.

Il existe moins d’un siecle qu’un livre francais etait un certain nombre de pages latines, ou l’on decouvrait plusieurs lignes ou deux mots en une langue. Les passages, les traits et les citations n’en etaient nullement demeures la : Ovide et Catulle achevaient de decider des mariages et des testaments, ainsi, venaient au milieu des Pandectes au secours d’la veuve et des pupilles. Le sacre et le profane ne se quittaient point ; ils s’etaient glisses ensemble jusque dans la chaire : saint Cyrille, Horace, saint Cyprien, Lucrece, parlaient alternativement ; des poetes etaient de l’avis de saint Augustin et de tous les Peres ; on parlait latin, et longtemps, devant des femmes et des marguilliers ; on a parle grec. Il fallait savoir prodigieusement pour precher si mal. Autre temps, nouvelle usage : le texte sera alors latin, tout le discours est francais, et d’un beau francais ; l’Evangile meme n’est nullement cite. On doit savoir aujourd’hui tres peu de chose pour beaucoup precher.

7 (IV) L’on a enfin banni la scolastique de chacune des chaires des grandes villes, et on l’a releguee en bourgs et au sein des villages Afin de l’instruction et concernant le salut du laboureur ou du vigneron.